Les charmes du voyage en avion sont sans pareil. Dans le meilleur des cas, le voyageur en fauteuil aura juste à arriver longtemps en avance ; puis il subira les sempiternelles questions « Vous voyagez seul ? » et « Vous pouvez marcher ? ». À croire qu’on a tous l’air d’enfants et que le fauteuil roulant est une mode que l’on tente désespérément d’imposer, sans succès. Malgré tous ces petits tracas, le chaisard arrive à embarquer et l’on pourrait croire que les mentalités et l’organisation évoluent.
Pourtant, il arrive que les choses dérapent : Karine, paraplégique de 29 ans, fait l’emplette, sur le site Terminal A, d’un billet pour le Portugal. Karine est une habituée des voyages et elle précise, comme toujours, qu’elle est paraplégique dans les conditions particulières. Elle coche aussi la case « personne en fauteuil roulant ». Karine prend bien entendu le soin d’imprimer sa confirmation de vol pour le 30 décembre, direction Porto.
Le jour du départ arrive et Karine arrive 2 heures avant son vol et se présente au comptoir Easyjet de l’aéroport Charles de Gaulle. Karine présente sa réservation et se voit poser les éternelles questions (voir ci-dessus) auxquelles elle répond : oui, elle voyage seul et non elle ne peut pas marcher. L’hôtesse de comptoir appelle sa responsable. Réinterrogée « oui, je voyage seule, non je ne peux pas marcher » la responsable va chercher sa « supérieure ». Trente minutes d’attente plus tard, la supérieure déboule, repose les mêmes questions ; pour la troisième fois, Karine donne les mêmes réponses. La supérieure l’informe alors qu’en tant que voyageuse handicapée sans tierce personne, Easyjet refusait de l’embarquer pour des raisons de sécurité à bord. Karine ne comprend pas bien ce qu’il se passe, elle avait précisé qu’elle était en fauteuil roulant. Rien à faire, elle n’embarque pas ; pire, à sa question « Voulez-vous dire qu’une personne seule qui veut voyager doit rester chez elle ? » la supérieure répondra par la positive : oui, une personne handicapée ne peut plus voyager seule.
S’en suivront 3 heures de démarches qui finiront en dépôt de plainte : Easyjet ne veut ni reconnaître sa bourde ni même rembourser le billet.
Karine a pu quand même embarquer en début de soirée, mais à Orly. Son embarquement n’a posé aucun problème à Transavia, la compagnie qui l’a prise ne charge. Mieux encore, Karine fait part de sa mésaventure avec Easyjet à la responsable du guichet qui reste bouche bée : aucune compagnie ne peut refuser de l’embarquer.
Karine part enfin en vacances au Portugal…
La mésaventure de Karine est symptomatique du comportement de certaines compagnies low cost. Services minimums, aides humaines inexistantes, règlements farfelus, personnel peu formé, le modèle économique du low cost n’inclue pas le handicap et un passager n’est qu’un siège – si possible inconfortable. Pas d’état d’âme, des résultats. Karine, elle, ne lâche pas l’affaire et a écrit au Président Sarkozy, à Dominique Bussereau, à Rama Yade et à Brice Hortefeux pour leur conter l’histoire. À ce jour, Karine n’a reçu ni excuses, ni dédommagement, ni le remboursement de son billet inutilisé. Easy, qu’ils disaient…

Commentaires
Alors Easy Jet me refuse le vol avec l\\\'argument que je ne suis pas accompagné et alors il ne peuvent pas s\\\'occuper de ma securité dans l\\\'avion. Pourtant moi je peux encore me deplacer tout seule jusqu\\\'à la sortie de secour dans la machine… J\\\'ai lu dans l\\\'internet que Air France et Al Italia refusent aussi des handicapés voyagant seul. Malheureusement il y une loi de la communité europeenne qui permet de refuser des handicapés si la securité (de qui?) est en question…
Schwietert de Berlin, 18.5.2009 Citer
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